Grâce à Lui, je ne suis pas une victime mais un survivant

    Grâce à Lui, je ne suis pas une victime mais un survivant

    Alors que je conduisais trois missionnaires à plein temps à l'aéroport de Bruxelles, ce mardi matin 22 mars 2016, j'étais loin d'imaginer que nos vies allaient basculer aussi rapidement qu'irrémédiablement.

    Pendant que sœur Clain faisait la queue à l'enregistrement de son vol pour Salt Lake City, nous avons entendu une terrible explosion qui nous a tous projetés au sol. J'ai aussitôt perdu le contact avec mes trois jeunes missionnaires. Beaucoup de gens se sont précipités vers la sortie. J'avais, quant à moi, la jambe gauche fracturée et amputée d'une partie de sa masse musculaire. Je me suis alors allongé à même le sol de l'aéroport. Une sensation immédiate de paix m’a enveloppé : je n'étais ni anxieux, ni inquiet et je n'éprouvais aucune douleur. J'avais le sentiment très net que je serais protégé, que les médecins me sauveraient la vie.

    Alors que j'attendais les secours, je me suis souvenu de Néphi et de ses frères, à qui le Seigneur avait demandé de retourner à Jérusalem chercher les plaques d'airain détenues par  Laban. C'était une tâche difficile : les deux premières tentatives avaient échoué (voir 1 Néphi 3) mais Néphi était quand même retourné chez Laban, « conduit par l'Esprit, ne sachant pas d'avance ce [qu'il ferait]...  (1 Néphi 4: 6-7). Finalement, grâce à sa foi et à sa confiance dans le Seigneur, il avait pu récupérer les plaques.

    Allongé sur le sol de l'aéroport, je me sentais comme Néphi, ne sachant quoi faire, ni comment je serais sauvé, mais sûr que notre Père céleste fournirait un moyen (1 Néphi 3:7). Comme Néphi, en raison de ce qu'il avait si souvent fait pour moi dans le passé, je savais, que je pouvais lui faire confiance. Après l'explosion, je ne me suis donc pas posé la question de savoir s'il serait ou non à mes côtés, ou s'il connaissait mon problème. Je savais qu'il savait.

    Armé de cette foi et de cette confiance en Dieu, j'ai réussi à me concentrer, à appeler ma femme, à retrouver les trois autres missionnaires, à m'assurer qu'ils étaient en sécurité et à commencer à réfléchir à l'étape suivante : l'hôpital, les soins...

    Le sentiment de paix que j'ai éprouvé à ce moment-là ne m'a pas quitté au cours des jours, des semaines et des mois qui ont suivi. Je sentais que c’était un cadeau qui m'était offert pour compenser les moments difficiles à venir. 

    Dans le même temps, ma femme a reçu plusieurs dons – la force, la paix, la reconnaissance, la capacité à discerner le Saint-Esprit – qui l’ont soutenue et lui ont permis de réconforter les autres, en particulier les membres de notre famille, et de pouvoir poursuivre son service en tant que missionnaire à plein temps.

    Cette expérience a renforcé et accru ma foi et ma confiance dans le Sauveur. Les cicatrices et autres séquelles de l'attentat ne s'effaceront pas mais seront là pour me rappeler que ce jour-là, à l'aéroport, Jésus m’a sauvé. Grâce à lui, je ne suis pas une victime mais un survivant.

    Grâce à lui, je ne suis pas une victime mais un survivant.